Visage laïc, cœur islamiste : c’est Adelaziz Belkhadem. Ahmed Bencherif

Visage laïc, cœur islamiste : c’est Andelaziz Belkhadem.

 

L’accoutrement, auquel nous habitue Abdelaziz Belkhadem, n’illustre pas l’élégance traditionnelle seulement aux fêtes religieuses, mais sont bien là dans le protocole d’homme d’état. Est-ce seulement pour attirer les projecteurs sur sa personne ou bien il existe un message pour un pan de la société ? Rappelons d’abord que le FLN historique était révolutionnaire dans son idéologie. Car il avait rassemblé à la lutte les hommes et les femmes, donc il avait une vision laïque de l’état futur, comme il avait conscience de l’émancipation et de la politisation de la femme. On la voit donc au maquis, fusil à la main et boite de secours. Elle était au devant de la scène internationale, par le biais de l’organisation des femmes algériennes. Elle était donc la première femme arabe à exercer le droit de vote. Ce revient à dire que le FLN historique n’était pas conservateur et à continuer à l’être après l’indépendance pendant trois décennies. La quatrième de son existence, il fut absent en allant à contre courant du choix stratégique d’annuler l’élection du 11 janvier 1991, c’est-à-dire en anticipant sur les évènements et fermer la voie  à l’institution d’une république islamique. Il fut à la fois l’avocat et le porte parole des islamistes toutes tendances confondues, position qui avait atteint son apogée à la réunion de Sant Eugédio.

A l’issue victorieuse de la tragédie nationale, la nécessité était apparue d’ouvrir d’oublier les querelles et dissensions de maison et par conséquent faire concorde avec les fils de la nation, militants du FLN, qui ne participait pratiquement pas au jeu politique, ni à la gestion des affaires publiques. Cette démarche fut bien accueillie par le peuple et aux élections locales ou nationales, le FLN était majoritaire, face au RND et au HAMAS. Mais la tendance forte du parti cacique était majoritairement conservatrice, trop imprégnée par les idées islamistes. Une fois intronisé à la tête du parti, grâce à l’appui du président Bouteflika et des segments du pouvoir, Abdelaziz Belkhadem montre ses affinités islamistes, témoigne sa bienveillance aux hommes forts du FIS dissous, reçois quelques uns d’entre eux.

Abdelaziz Belkhadem, qui ne cachait jamais son islamisme politique, se retrouva donc à la tête du parti historique, révolutionnaire il faut le dire, qui combat le conservatisme, priorise la laïcité comme mode de gouvernement. L’habit était trop grand pour lui, la fonction était trop grande pour lui. De directeur primaire, il se retrouve chef du parti le plus puissant de la nation et le plus prestigieux, le plus connu dans le monde par son combat farouche et efficace pendant la guerre de libération dont il sortit vainqueur. Notre parti historique était socialise, voire communiste et le sieur Belkhadem avait-il rencontré des communiste d’autres pays dans le monde ? je ne crois pas. Car il est allergique et même hostile à la notion communiste qui est le contraire de son identité politique, à savoir le conservatisme islamiste séculaire, foncièrement opposé à l’émancipation de la femme. N’a—il point mené une rude bataille pour torpiller les réformes politiques entreprises par le président Bouteflikaa au mois d’avril 2011 ? Oui il s’opposa farouchement à la parité de 33% entre homme et femme dans les assemblées élues, comme il s’opposa frontalement à la démission d’un ministre, candidat à la députation. Il alla plus loin, il lutta à bras le corps pour réhabiliter le FIS dissous. Chef du parti, ministre d’Etat, représentant personnel du président, il n’hésitait à imposer sa  souveraineté morale face à des ministres en exercice de poids, tel l’ex ministre de l’intérieur Yazid Zerhouni, même en conseil des ministres. Il aura fallu alors l’arbitrage du président Bouteflika. C’est que Belkhadem ambitionnait de se porter candidat à l’élection présidentielle de 2014. Et ce sont les voix islamistes, majoritaires qu’on le veuille ou non, qui lui consacreraient la victoire, d’autant plus que les islamistes au pouvoir, comme en Tunisie, Egypte, Libye semblent entrer susciter l’acceptation des capitales occidentales. Quelle ironie du sort.  Le président Obama avait d’ailleurs anticipé sur l’arrivée au pouvoir des islamistes. Car il avait compris qu’il était plus facile à l’Occident de négocier avec les islamistes qu’avec les nationalistes. Les premiers croient au libéralisme économique sans frontières, les seconds croient au libéralisme socialisé si l’on peut dire, s’ils ne sont pas purement socialistes.

Belkhadem ne se sent pas solidaire de l’activité gouvernementale, ni de la cohésion du gouvernement, alors qu’il est ministre et de surcroît d’Etat. Donc il prêche seul sa religion et ce n’est pas un hasard si la crise actuelle du FLN est arrivée au stade le plus critique avec les redresseurs dont le chef de file n’est autre que le militant et moudjahed Salah Goujil, abreucé dans les sources du parti historique. Ce n’est pas non plus un hasard si ce mouvement redresseur a obtenu l’autorisation du ministre de l’intérieur Daho Ould kablia, avec la bénédiction du président Bouteflika, pour tenir son congrès le 13 octobre de l’année écoulée, pendant la phase préparatoire de l’élection parlementaire. Ils sont au nombre de 600 frondeurs : ministres, parlementaires, élus locaux, militants. Belkhadem était donc cloué au pilori. S’agissant des listes de candidatures, les deux mouvements ont présenté leurs accrédités.

Qui est responsable de cette grande implosion du FLN historique ?

 

 

 

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