l’hystérie d’une députation mai 2012; Ahmed Bencherif

Où sommes-nous? En Algérie, un pays qui a amorcé la démocratisation le 5 octobre1988, à l’instar des pays de l’Est, soit du bloc communiste dont elle suivait pratiquement tout le régime économique sociale et politique, jusqu’à la démocratisation de l’enseignement. Nous avions évidemment mené des révolutions qui avaient affranchi le paysan, le travailleur, l’électeur. En effet, le droit de vote a été institué dès notre chère indépendance. L’électeur participait massivement au vote, avec un réel enthousiasme, conscient des enjeux politiques qui se présentaient. Aux assemblés élues, il avait l’embarras du choix et donnait sa voix en toute connaissance de cause à celui qui la méritait, sans tenir compte, à quelques exceptions, aux honteux critères de clientélisme dont le régionalisme  et plus grave encore le tribalisme. Le candidat était quant à lui, je dirai préférentiel, mais  non exemplaire. Ainsi du temps du parti unique, le candidat réunissait des conditions essentielles à la pratique politique et à l’exercice du pouvoir:

La condition primordiale se résumait  à son parcours de militant, son assiduité aux différentes manifestations du parti, ses convictions à l’idéologie, son niveau d’instruction et sa culture, son intégrité avérée. Par le simple fait que de la base au sommet, on priorisait l’intérêt général et rien que l’intérêt général, soit l’intérêt de la nation. Car il y avait un défi pour l’Algérie afin de se surpasser, de prouver qu’elle méritait bien sa place dans le concert des nations civilisées. Il y avait une volonté unanime pour construire le pays et le sortir du sous-développement séculaire, construire un citoyen responsable de ses actes, de son devenir. Il y avait un engagement de tous pour libérer les consciences, la pensée de  l’esprit tout simplement tutélaire, patriarcal. Il faut dire aussi que le sommet constituait un modèle à suivre, car rigoureux dans son travail,  droit et juste envers tous, soucieux de donner le travail et le logement pour tous, ainsi que tous les privilèges de la citoyenneté.  De plus, il prouvait à chaque instant sa valeur ancestrale du sacrifice. On ose à peine croire que le défunt président Boumediène ne laissa meme pas un appartement de trois pièces cuisine à sa femme; Assia.  N’est-ce pas là le modèle à suivre. Qui ne souvient qu’il avait pleuré anxieusement dans un congrès télévisé en disant que seuls les martyrs avaient fait leur devoir et jamais ils ne seraient égalés par les vivants. Voilà l’expression haute du sacrifice. Comment cet homme et d’autres ne pouvaient-ils entrainer le peuple derrière eux.

Où sommes-nous aujourd’hui, 50 ans après l’indépendance  ?   Est-ce la déliquescence de l’Etat? Les gouvernants mènent-ils une politique fantaisiste? En prenant le pouvoir Bouteflika avait dit que la récréation est finie. Mais nous constatons que c’est bien lui qui vient avait  sifflé la récréation. Des flots d’encre ne suffiraient à faire l’état des lieux. Mais restons seulement dans le domaine électoral. Ainsi les partis qui revendiquent plus de démocratie ne la pratiquent pas à leur niveau, quand il s’agit déjà de confectionner les lites de candidats. Celles-ci sont élaborées sur la base de désignations arbitraires. Donc ils ne recourent point aux élections primaires comme c’est le cas de toute démocratie qui se respecte.  Qui dit alors absence de démocratie dit manque de transparence et de là à imaginer les scénarios les plus honteux et catastrophiques pour le pays; car qui se trouve impliqué dans ces conditions priorisera l’intérêt particulier à l’intérêt général. Donc c’est l’émergence quasiment automatique   de la médiocrité. L’on constate alors ce recul des valeurs dans  la fonction d’élus. En effet dans cette hystérie de la députation du 10 mai 2012, on voit émerger tous les métiers et rarement le métier de politique. Nous avons à choisir entre le plombier, le taxieur clandestin, le bouffon, l’éleveur, l’entrepreneur. Ces candidats frappés de myopie civique et politique trouvent leur place dans les nouveaux partis ou les indépendants. Pour les premiers, il manque de la pratique de la tradition dans la vie partisane. Ainsi, coute que coute, ils tiennent à se faire représenter par quiconque veut les servir dans leur volonté de représentativité territoriale, alors  que leurs délégués n’en connaissent pas les régions en question. Pour les seconds, ils puisent dans leurs fortunes amassées des années durant quelques fois ou souvent peu orthodoxes, sans vouloir entrer dans le cadre de la transparence . Alors que peu d’entre eux s’étaient intéressés au fait politique. Donc ces partis nouveaux autorisés dans la conjoncture du printemps arabe par métaphore ou plus vrai les révolutions arabes sont des partis morts nés. Ont-ils activé dans la clandestinité comme les partis caciques nés dans les années 1990, dans l’esprit et le texte de la constitution de février 1989. Les faits nous montrent que le parti de PLJ de Mohamed Said se fait une place d’interlocuteur de poids, car il hérite justement de ce travail das la clandestinité des islamistes. On se demande aussi pourquoi le parti des Travailleurs dispose d’une base électorale, d’autant qu’il est dès sa formation dirigé par une femme politique. Justement, par sa lutte dnas la clandestinité.

En conclusion, est-ce qu’on prône l’abstention dans ces conditions ou la participation? Vraiment l’option est difficile, mais aussi périlleuse. Ces conditions préélectorales peuvent-elles nous apporter une assemblée populaire nationale respectable, à la hauteur de ses taches, des défis. Mais l’abstention ne sera efficace que si l’élection est annulée et réorganisée, en élimant au préalable tous ces aspects négatifs apparents dans l’analyse ou qui en réchappent sur le moment.

2 Réponses à “l’hystérie d’une députation mai 2012; Ahmed Bencherif”

  1. GODEAU dit :

    Après cette lecture, il est bien dificile à une béotienne des affaires d’Algérie de porter un jugement et la critique ne peut se faire à mon niveau . Cependant lors de mes voyages j’ai pu constater que le pays croule sous les produits made in china, que le travail ne se trouve pas facilement et que les jeunes sont oisifs.On m’a parlé de corruption à tous les niveaux, mais ce n’est pas le seul pays. L’Algérie devrait se dotter d’un gouvernement jeune et dynamique favorisant le travail, la reconnaisance des diplomes, et des salaires descents. Meilleure politique des hopitaux et des soins, apprendre à tous l’Histoire du pays, de ses valeurs et de ses possiblités , par l’éducation civile .Revoir le produit touristique du pays à la hausse pour des échanges respectueux et enrichissant sans tomber dans l’excès, et favoriser la venue de personnes désireuses de s’installer auprès d’une population généralement accueillante et qui pourrait développer un tourisme chez l’habitant, et ainsi relever les finances des citoyens . FLORA.

  2. bencherif dit :

    Souvent le voyageur observe des moins-values du pays qu’il visite. Mais pour vous Flora, qui êtes une Algérienne de coeur, votre constat est je dirai exhaustif. Tout ce que vous avez pu apprendre existe; nous espérons que cela change au plus tôt. Bien entendu tout n’est pas noir. Car il existe une appréciable évolution dans tous les secteurs, néanmoins lente, pour diverses raisons, objectives comme subjectives.

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