Archive pour avril 2012

Visage laïc, cœur islamiste : c’est Adelaziz Belkhadem. Ahmed Bencherif

Vendredi 6 avril 2012

Visage laïc, cœur islamiste : c’est Andelaziz Belkhadem.

 

L’accoutrement, auquel nous habitue Abdelaziz Belkhadem, n’illustre pas l’élégance traditionnelle seulement aux fêtes religieuses, mais sont bien là dans le protocole d’homme d’état. Est-ce seulement pour attirer les projecteurs sur sa personne ou bien il existe un message pour un pan de la société ? Rappelons d’abord que le FLN historique était révolutionnaire dans son idéologie. Car il avait rassemblé à la lutte les hommes et les femmes, donc il avait une vision laïque de l’état futur, comme il avait conscience de l’émancipation et de la politisation de la femme. On la voit donc au maquis, fusil à la main et boite de secours. Elle était au devant de la scène internationale, par le biais de l’organisation des femmes algériennes. Elle était donc la première femme arabe à exercer le droit de vote. Ce revient à dire que le FLN historique n’était pas conservateur et à continuer à l’être après l’indépendance pendant trois décennies. La quatrième de son existence, il fut absent en allant à contre courant du choix stratégique d’annuler l’élection du 11 janvier 1991, c’est-à-dire en anticipant sur les évènements et fermer la voie  à l’institution d’une république islamique. Il fut à la fois l’avocat et le porte parole des islamistes toutes tendances confondues, position qui avait atteint son apogée à la réunion de Sant Eugédio.

A l’issue victorieuse de la tragédie nationale, la nécessité était apparue d’ouvrir d’oublier les querelles et dissensions de maison et par conséquent faire concorde avec les fils de la nation, militants du FLN, qui ne participait pratiquement pas au jeu politique, ni à la gestion des affaires publiques. Cette démarche fut bien accueillie par le peuple et aux élections locales ou nationales, le FLN était majoritaire, face au RND et au HAMAS. Mais la tendance forte du parti cacique était majoritairement conservatrice, trop imprégnée par les idées islamistes. Une fois intronisé à la tête du parti, grâce à l’appui du président Bouteflika et des segments du pouvoir, Abdelaziz Belkhadem montre ses affinités islamistes, témoigne sa bienveillance aux hommes forts du FIS dissous, reçois quelques uns d’entre eux.

Abdelaziz Belkhadem, qui ne cachait jamais son islamisme politique, se retrouva donc à la tête du parti historique, révolutionnaire il faut le dire, qui combat le conservatisme, priorise la laïcité comme mode de gouvernement. L’habit était trop grand pour lui, la fonction était trop grande pour lui. De directeur primaire, il se retrouve chef du parti le plus puissant de la nation et le plus prestigieux, le plus connu dans le monde par son combat farouche et efficace pendant la guerre de libération dont il sortit vainqueur. Notre parti historique était socialise, voire communiste et le sieur Belkhadem avait-il rencontré des communiste d’autres pays dans le monde ? je ne crois pas. Car il est allergique et même hostile à la notion communiste qui est le contraire de son identité politique, à savoir le conservatisme islamiste séculaire, foncièrement opposé à l’émancipation de la femme. N’a—il point mené une rude bataille pour torpiller les réformes politiques entreprises par le président Bouteflikaa au mois d’avril 2011 ? Oui il s’opposa farouchement à la parité de 33% entre homme et femme dans les assemblées élues, comme il s’opposa frontalement à la démission d’un ministre, candidat à la députation. Il alla plus loin, il lutta à bras le corps pour réhabiliter le FIS dissous. Chef du parti, ministre d’Etat, représentant personnel du président, il n’hésitait à imposer sa  souveraineté morale face à des ministres en exercice de poids, tel l’ex ministre de l’intérieur Yazid Zerhouni, même en conseil des ministres. Il aura fallu alors l’arbitrage du président Bouteflika. C’est que Belkhadem ambitionnait de se porter candidat à l’élection présidentielle de 2014. Et ce sont les voix islamistes, majoritaires qu’on le veuille ou non, qui lui consacreraient la victoire, d’autant plus que les islamistes au pouvoir, comme en Tunisie, Egypte, Libye semblent entrer susciter l’acceptation des capitales occidentales. Quelle ironie du sort.  Le président Obama avait d’ailleurs anticipé sur l’arrivée au pouvoir des islamistes. Car il avait compris qu’il était plus facile à l’Occident de négocier avec les islamistes qu’avec les nationalistes. Les premiers croient au libéralisme économique sans frontières, les seconds croient au libéralisme socialisé si l’on peut dire, s’ils ne sont pas purement socialistes.

Belkhadem ne se sent pas solidaire de l’activité gouvernementale, ni de la cohésion du gouvernement, alors qu’il est ministre et de surcroît d’Etat. Donc il prêche seul sa religion et ce n’est pas un hasard si la crise actuelle du FLN est arrivée au stade le plus critique avec les redresseurs dont le chef de file n’est autre que le militant et moudjahed Salah Goujil, abreucé dans les sources du parti historique. Ce n’est pas non plus un hasard si ce mouvement redresseur a obtenu l’autorisation du ministre de l’intérieur Daho Ould kablia, avec la bénédiction du président Bouteflika, pour tenir son congrès le 13 octobre de l’année écoulée, pendant la phase préparatoire de l’élection parlementaire. Ils sont au nombre de 600 frondeurs : ministres, parlementaires, élus locaux, militants. Belkhadem était donc cloué au pilori. S’agissant des listes de candidatures, les deux mouvements ont présenté leurs accrédités.

Qui est responsable de cette grande implosion du FLN historique ?

 

 

 

l’hystérie d’une députation mai 2012; Ahmed Bencherif

Lundi 2 avril 2012

Où sommes-nous? En Algérie, un pays qui a amorcé la démocratisation le 5 octobre1988, à l’instar des pays de l’Est, soit du bloc communiste dont elle suivait pratiquement tout le régime économique sociale et politique, jusqu’à la démocratisation de l’enseignement. Nous avions évidemment mené des révolutions qui avaient affranchi le paysan, le travailleur, l’électeur. En effet, le droit de vote a été institué dès notre chère indépendance. L’électeur participait massivement au vote, avec un réel enthousiasme, conscient des enjeux politiques qui se présentaient. Aux assemblés élues, il avait l’embarras du choix et donnait sa voix en toute connaissance de cause à celui qui la méritait, sans tenir compte, à quelques exceptions, aux honteux critères de clientélisme dont le régionalisme  et plus grave encore le tribalisme. Le candidat était quant à lui, je dirai préférentiel, mais  non exemplaire. Ainsi du temps du parti unique, le candidat réunissait des conditions essentielles à la pratique politique et à l’exercice du pouvoir:

La condition primordiale se résumait  à son parcours de militant, son assiduité aux différentes manifestations du parti, ses convictions à l’idéologie, son niveau d’instruction et sa culture, son intégrité avérée. Par le simple fait que de la base au sommet, on priorisait l’intérêt général et rien que l’intérêt général, soit l’intérêt de la nation. Car il y avait un défi pour l’Algérie afin de se surpasser, de prouver qu’elle méritait bien sa place dans le concert des nations civilisées. Il y avait une volonté unanime pour construire le pays et le sortir du sous-développement séculaire, construire un citoyen responsable de ses actes, de son devenir. Il y avait un engagement de tous pour libérer les consciences, la pensée de  l’esprit tout simplement tutélaire, patriarcal. Il faut dire aussi que le sommet constituait un modèle à suivre, car rigoureux dans son travail,  droit et juste envers tous, soucieux de donner le travail et le logement pour tous, ainsi que tous les privilèges de la citoyenneté.  De plus, il prouvait à chaque instant sa valeur ancestrale du sacrifice. On ose à peine croire que le défunt président Boumediène ne laissa meme pas un appartement de trois pièces cuisine à sa femme; Assia.  N’est-ce pas là le modèle à suivre. Qui ne souvient qu’il avait pleuré anxieusement dans un congrès télévisé en disant que seuls les martyrs avaient fait leur devoir et jamais ils ne seraient égalés par les vivants. Voilà l’expression haute du sacrifice. Comment cet homme et d’autres ne pouvaient-ils entrainer le peuple derrière eux.

Où sommes-nous aujourd’hui, 50 ans après l’indépendance  ?   Est-ce la déliquescence de l’Etat? Les gouvernants mènent-ils une politique fantaisiste? En prenant le pouvoir Bouteflika avait dit que la récréation est finie. Mais nous constatons que c’est bien lui qui vient avait  sifflé la récréation. Des flots d’encre ne suffiraient à faire l’état des lieux. Mais restons seulement dans le domaine électoral. Ainsi les partis qui revendiquent plus de démocratie ne la pratiquent pas à leur niveau, quand il s’agit déjà de confectionner les lites de candidats. Celles-ci sont élaborées sur la base de désignations arbitraires. Donc ils ne recourent point aux élections primaires comme c’est le cas de toute démocratie qui se respecte.  Qui dit alors absence de démocratie dit manque de transparence et de là à imaginer les scénarios les plus honteux et catastrophiques pour le pays; car qui se trouve impliqué dans ces conditions priorisera l’intérêt particulier à l’intérêt général. Donc c’est l’émergence quasiment automatique   de la médiocrité. L’on constate alors ce recul des valeurs dans  la fonction d’élus. En effet dans cette hystérie de la députation du 10 mai 2012, on voit émerger tous les métiers et rarement le métier de politique. Nous avons à choisir entre le plombier, le taxieur clandestin, le bouffon, l’éleveur, l’entrepreneur. Ces candidats frappés de myopie civique et politique trouvent leur place dans les nouveaux partis ou les indépendants. Pour les premiers, il manque de la pratique de la tradition dans la vie partisane. Ainsi, coute que coute, ils tiennent à se faire représenter par quiconque veut les servir dans leur volonté de représentativité territoriale, alors  que leurs délégués n’en connaissent pas les régions en question. Pour les seconds, ils puisent dans leurs fortunes amassées des années durant quelques fois ou souvent peu orthodoxes, sans vouloir entrer dans le cadre de la transparence . Alors que peu d’entre eux s’étaient intéressés au fait politique. Donc ces partis nouveaux autorisés dans la conjoncture du printemps arabe par métaphore ou plus vrai les révolutions arabes sont des partis morts nés. Ont-ils activé dans la clandestinité comme les partis caciques nés dans les années 1990, dans l’esprit et le texte de la constitution de février 1989. Les faits nous montrent que le parti de PLJ de Mohamed Said se fait une place d’interlocuteur de poids, car il hérite justement de ce travail das la clandestinité des islamistes. On se demande aussi pourquoi le parti des Travailleurs dispose d’une base électorale, d’autant qu’il est dès sa formation dirigé par une femme politique. Justement, par sa lutte dnas la clandestinité.

En conclusion, est-ce qu’on prône l’abstention dans ces conditions ou la participation? Vraiment l’option est difficile, mais aussi périlleuse. Ces conditions préélectorales peuvent-elles nous apporter une assemblée populaire nationale respectable, à la hauteur de ses taches, des défis. Mais l’abstention ne sera efficace que si l’élection est annulée et réorganisée, en élimant au préalable tous ces aspects négatifs apparents dans l’analyse ou qui en réchappent sur le moment.