Hillary Clinton en Algérie- ahmed bencherif

Pour la première visite  de Hillary Clinton en Algérie, force est de croire que le temps chronométré en quelques heures qu’a consacré la secrétaire du département des états unis d’ Amérique laisse les observateurs circonspects. Car seul un ministre étranger introduit dans la diplomatie algérienne peut se permettre un pareil crochet. Or ce n’est pas le cas pour Hillary Clinton. Entorse diplomatique? Froideur persistante dans les relations bilatérales? Ses entretiens avec le président de la république restèrent au secret. Quels sont alors les véritables enjeux de sa visite éclair? Elle déclare cependant ce que tout le monde sait : l’alliance stratégique Algérie-USA pour la lutte antiterroriste. Son point de presse à l’ambassade américaine est principalement axé sur des généralités. Il y a lieu de croire alors que les enjeux de sa visite s’articulaient autour de l’ouverture de la frontière avec le Maroc, pays voisin et frère. La presse écrite, dite  introduite dans les sphères du pouvoir, avait déjà rapporté que Hillary Clinton venait pour faire pression sur l’Etat algérien pour réaliser ce projet. Nous ne pensons pas que si elle avait reçu une fin de non recevoir, elle aurait eu dévoilé l’objet de sa visite. Mais oui l’orgueil américain en aurait pâti, fortement et douloureusement ressenti par une femme, fût-elle la secrétaire du département d’Etat.

Cependant, Hillary Clinton avait trouvé le temps et les mots à l’ambassade américaine.    Dans son point de presse, elle n’a pas été tendre. Elle a envoyé un signe très fort au pouvoir en déclarant : » Attendons de voir si ces changements seront concrétisés « . C’est à la limite, un avertissement  dont elle ne dévoile point la portée. Que nous réservent les chancelleries occidentales, alors que nos positions sur des questions de politique étrangère n’avalisent pas les leurs, principalement par le refus d’intervention militaire dans les crises internes des pays, tels la Libye, la Syrie ..et demain quel sera le suivant? Rappelons que que le conseil de sécurité onusien avait autorisé en Libye  une zone d’exclusion aérienne. Mais il n’avait pas autorisé les bombardements. Le résultat est qu’un pays a été détruit et que son peuple  est au bord de la guerre civile, si elle n’a déjà commencé. Pour le cas de la Syrie, Ryad veut armer l’opposition syrienne.

Elle énonce sa théorie sociétale du futur,  du XXI siècle, qui s’articule autour de trois dimensions :

- Le gouvernement responsable qui rend des comptes et crée des opportunités  pour la population. Nous ne pouvons que nous féliciter sur ce volet , car elle rejoint les revendications de la société en générale et de la classe politique. Donc une démocratisation de la vie institutionnelle de l’état, de la transparence, l’égalité des chances, l’équité, la vertu dans la vie politique, la gestion des deniers publics. Un chaleureux salut démocratique  pour vous madame la secrétaire.

-  » La société civile qui travaille sans relâche pour améliorer les conditions de vie de ses concitoyens ».  Mais c’est le gouvernement qui améliore les conditions de vie de ses citoyens.  Alors quelle est l’anguille sous roche? Le travail actif des ONG occidentales n’est-il pas suspect et par les pouvoirs publics et la société civile? Ainsi; des associations américaines sont mis à l’index en Égypte , déférées devant les tribunaux  comme étant les véritables détentrices du pouvoir ou fortement influentes  sous le régime Moubarek, emporté par la révolution égyptienne du 25 janvier ? On est en droit de nous demander s’il existe une société civile agissante aux USA; Seule la finance gouverne dans ce pays; le chômage y est compté en dizaine de millions, la couverture sanitaire a été introduite tout récemment par le président Obama. Alors qu’elle y donne ses cours théoriques pour dynamiser la société civile qui revendique ses droits sociaux et politiques.

-  » Un secteur économique privé qui doit être dynamique et ouvert sur le monde afin e créer des opportunités et de l’emploi »; Nous avons un secteur privé qui se développe et se dynamise de jour en jour. Mais elle veut un secteur privé, une économie libre, un libéralisme anarchique. Comme si leur système économique était le meilleur, le plus performant. Mais les USA ne sont pas encore sortis de leur crise financière aiguë. Mais ce qu’elle cherche à obtenir de l’Algérie, c’est que notre État renonce aux 51% dans les investissements nationaux et internationaux, ce qui l’intéresse directement. Rappelons que le ministre de l’Énergie, Youcef Youcefi, l’a déclaré à la radio algérienne, une journée avant la visite de Hillary Clinton dans notre pays.

Comptons sur nous-mêmes, nous avons la matière grise, les ressources naturelles, un beau, vaste riche pays, la dimension du défi.

Laisser un commentaire